ImprimerRecommander la page

Alimentation

Lien alimentation-cancer: certains éléments manquent

Depuis quelques années, on s’intéresse de plus en plus aux rapports pouvant exister entre les habitudes alimentaires et l’incidence des cancers. De nombreuses études épidémiologiques et expérimentales, en plus des observations cliniques, ont renforcé l’idée qu’il existe un lien entre certains types de cancer, les habitudes alimentaires et la consommation excessive de boissons alcoolisées. Dans la majorité des cas – on parle de plus des trois quarts des affections cancéreuses – un rôle important revient aux facteurs exogènes, autrement dit à toutes les influences extérieures qui s’exercent sur l’organisme; il s’agit en autres de l’air, de l’eau, des produits chimiques, des médicaments et de la radioactivité, mais surtout de notre mode de vie: habitudes alimentaires, consommation de boissons alcoolisées, tabagisme. De nos jours, on considère que l’alimentation joue un rôle important dans le développement du cancer. Certains auteurs lui attribuent même 35% de tous les décès imputables au cancer. Certes, des maillons nous manquent encore pour compléter ce qui pourrait être la chaîne causale alimentation-cancer. Néanmoins, nous disposons à l’heure actuelle d’un si grand nombre de données sûres qu’il est possible d’énoncer quelques règles alimentaires de caractère très général. Il n’existe toutefois pas de véritable « régime anti-cancer » qui permettrait de prévenir, voire de guérir cette affection. Les régimes anti-cancer qui font de temps à autre les gros titres de la presse sont dénués de toute base scientifique.

De nouvelles connaissances grâce à la recherche


Le risque de développer un type de cancer est plus grand dans certains pays que dans d’autres. Détail intéressant, la morbidité des immigrants rejoint en une à trois générations celle de la population autochtone. Ces études – dites de migration – mettent en lumière toute l’importance de l’environnement. Les Japonais venus se fixer aux Etats-Unis et ayant adopté avec le temps les habitudes alimentaires de leur nouveau pays en sont un bon exemple: ils courent désormais un risque plus élevé de cancer du gros intestin et de cancer mammaire, comme c’est le cas aux Etats-Unis; par contre, la probabilité d’un cancer de l’estomac est pour eux bien moindre que pour leurs compatriotes restés au Japon.
Si l’on compare la morbidité dans différents pays ou populations en la mettant en relation avec les habitudes alimentaires, on voit apparaître certain éléments. Pour confirmer ces suppositions on doit recourir à des études biochimiques, qui peuvent contribuer à élucider la pathogenèse, à l’expérimentation animale – vaste et important secteur – et, enfin, à l’observation clinique chez l’homme. Des études extrêmement complexes et fort ardues sont nécessaires pour comprendre les mécanismes par lesquels agissent les facteurs alimentaires. Les observations faites chez l’animal ne permettent pas toujours de tirer des conclusions quant aux effets chez l’homme.
Or, chez ce dernier, l’étude clinique et épidémiologique est longue, difficile à réaliser. Dans des études dites d’intervention, on compare deux groupes de population. L’un est tenu de respecter des recommandations alimentaires bien déterminées et supposées diminuer le risque de cancer. En revanche, dans le groupe de contrôle, il n’y a pas « d’intervention » en matière d’alimentation. Dans les deux groupes on observe, des années durant, l’incidence des maladies cancéreuses afin de vérifier si le respect de certaines règles alimentaires exerce un effet préventif.